L’exode urbain des animaux sauvages

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Sans doute avez-vous déjà entendu parler de ces intrigantes histoires de sangliers frondeurs à Berlin, de renards curieux à Paris, ou encore d’inquiétants loups dans certaines villes américaines? Et bien il va falloir s’y faire car c’est une tendance croissante depuis ces dernières années, et on assiste ainsi à un étonnant exode urbain des animaux sauvages, qui s’adaptent aux villes; ce qui impose que nous fassions de même, tout en limitant les risques et en favorisant une certaine harmonie.

Comment la limite a-t-elle été franchie?

La principale explication avérée est celle du développement des villes. En effet tandis que celles-ci sont de plus en plus verdoyantes  et étendues, les zones d’habitat naturel de la faune sauvage sont de plus en plus réduits et inhospitaliers. Une statistique illustre parfaitement ce phénomène: En France, l’espace urbain s’étend au rythme moyen d’un département tous les sept ans.

Voir si l’herbe est plus verte ailleurs, c’est sans  doute ce que nous aurions tous fait! La nourriture est également un facteur d’attirance de la faune dans la zone urbaine, en effet cette dernière en est une source ultra prolifique et calme la nuit tombée, combinant abondance de déchets et quasi absence de prédateurs naturels. Ceci est le cas de nombreux rongeurs, mais également, ce qui est plus inédit, des renards! Ces derniers ont effet fait une réapparition remarquée dans les contrées vertes parisiennes en 2012, et fascinent les locaux qui sont amenés à fréquenter ces zones. Cette sympathie est d’ailleurs un autre facteur de l’exode urbain des animaux sauvages: en effet certains citadins surpris et enthousiastes de ces rencontres inattendues se mettent à nourrir ces invités d’un nouveau genre, impactant ainsi un développement rapide des espèces concernées. Dans la catégorie “Je viens faire vos poubelles”, nous pouvons également citer les apparitions de quelques chevreuils et fouines dans les rues de la ville de Lyon.

L’apparition de sangliers tend plutôt à être expliquée par ces deux situations: la première étant que le rétrécissement de l’espace rural périphérique des grandes villes conduit à une surpopulation. La deuxième un peu moins évidente, étudiée par des spécialistes et concernant également les renards parisiens étant que ces animaux seraient chassés par leurs propres congénères et viendraient en tant qu’exilés de la campagne.

Quels sont les dangers de cette cohabitation?

Quand bien même les risques sanitaires impliqués par la transmission de la maladie de la rage a très vite été prise en main par les autorités au début des années 90 via des campagnes de vaccination, nous avons pu constater il y a moins d’une dizaine d’années les paniques provoquées par la grippe aviaire, et il y a encore d’autres maladies à solutionner comme l’échinococcose, maladie attaquant le foie et s’écoulant sur plusieurs années, également appelée “ver du renard”.

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Un renard dans le jardin d’une résidence londonienne, le 10 février 2013

Les villes sont également sujettes à des attaques animales, provoquant de nombreux dégâts sur l’équipement urbain. Malheureusement plusieurs faits plus dramatiques se sont déroulés: En 2012, un sanglier percuté par une voiture a blessé quatre personnes dans les rues de Berlin dans son affolement. En février 2013, un nourrisson a été le sujet d’une attaque d’un renard dans les rues de Londres. Plus insolite, on recense en Inde le phénomène des cambriolages de citadins par des groupes de singes très organisés.

Alors, “c’est comment qu’on fait?”

Eh bien oui, car il faut faire avancer le schmilblick pour gérer ces quelques 10 000 renards londoniens et 10 000 sangliers berlinois! Alors ne voyons pas dans les dangers précédemment cités de mauvais présages, car la reconnection urbano-rurale est bien en marche, preuve en est de l’exode de ces animaux sauvages qui en est un prémisse. Et l’adaptation de ces petites bêtes est parfois plus poussée que nous pouvons le croire !

Pas farouche du tout !

En sont témoins les écureuils, amis bien connus de Central Park à New York, qui sont capables d’utiliser les routes et de profiter des passages véhiculés afin de casser leurs noisettes! Ingénieux non? Du côté des humains la cohabitation a aussi du bon: pour profiter de la faune urbaine, des initiatives innovantes sont prises, telle l’observation participative, permettant un recensement ludique des espèces étonnantes que l’on peut croiser dans nos villes, et enclenchant ainsi un mouvement de sensibilisation à la biodiversité. Tout comme la mise en place de pigeonniers dans la ville de Paris afin de protéger les monuments, ou l’aménagement des sommets des hauts-édifices permettant le retour de certaines espèces comme le faucon . Un élan qui est bienvenu car le chemin est encore long pour créer une harmonie parfaite. Il faut encore adapter de nombreuses infrastructures modernes, qui empêchent par exemple à présent la nidification des hirondelles de fenêtres.

Alors tenons bon, et bientôt nous pourrons traverser les passages piétons main dans la patte avec un zèbre peu farouche ou un babouin blagueur!

PS : Et pour celles et ceux qui aiment les belles images qui bougeottent, la chaîne télévisée NatGeo Wild propose un programme nommé “Jungle Urbaine”, dont quelques extraits sont proposés ici :  http://www.natgeotv.com/fr/jungle-urbaine

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Hugo dit :

    Waoh ! L’article est finement écrit, on en apprend beaucoup.

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire, on en a également beaucoup appris en écrivant cet article 🙂

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